Le CILSS, un autre Sahel est possible

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Un webinaire sur les impacts de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour célébrer la 35e Journée du CILSS


Un webinaire sur les impacts de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle a mobilisé le CILSS et ses partenaires

Le Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) a célébré le 12 septembre 2020 son 47ème anniversaire. En prélude à cet important évènement, un webinaire regroupant des panelistes de haut niveau, représentants les Etats membres et les experts de l’institution, ainsi que les partenaires techniques et financiers a eu lieu le 11 septembre autour du thème « les effets de la pandémie à COVID-19 sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest et les efforts d’adaptation du CILSS pour la production de l’information»

Cette conférence-débats tenue à distance via la plateforme Zoom, COVID-19 oblige, avait pour objectif d’informer les Etats membres du CILSS sur les conséquences de la pandémie et les mesures d’adaptation nécessaires pour y faire face dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ; d’autant plus que la réduction du pouvoir d’achat des ménages et des Etats, l’augmentation du prix des denrées alimentaires, les difficultés d’approvisionnement en denrées alimentaires et les difficultés à mettre en œuvre les projets et programmes ont influé négativement sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages de la région.

Il ressort des différentes communications et des partages d’expériences des différents Etats présents à ce webinaire, que les diverses mesures prises pour limiter la circulation du coronavirus a eu un impact très important sur les économies, surtout la fermeture des marchés et des frontières, l’interdiction de regroupements au-delà de 50 personnes, la fermeture des hôtels, des restaurants qui constituent des débouchés très importants pour les filières agricoles.

«L’impact semble avoir été sous-estimé en ce qui concerne la filière maraichère parce qu’elle est moins suivie que les grandes filières comme le riz, le maïs, les céréales et le bétail mais on se rend compte que c’est dans cette filière que travaillent beaucoup de gens depuis la production jusqu’à la commercialisation en passant par la transformation », a relevé le modérateur, Dr Nango DEMBELE, ancien commissaire à la sécurité alimentaire, ancien ministre de l’agriculture du Mali et ancien ministre Coordonnateur du CILSS.

Plusieurs interventions ont également porté sur des mesures sociales pour alléger l’impact de la pandémie sur les couches les plus vulnérables. Selon les panélistes, ces mesures ont créés d’autres problèmes principalement dans les milieux urbains, notamment dans le secteur informel.  L’exemple du Mali où pratiquement, le pouvoir d’achat du secteur informel a fortement baissé a été mis en exergue.

Des échanges entre les différents participants à cette séance en ligne, on retient que face à la pandémie, des mesures ont été prises dans les différents Etats et il y a eu certaines innovations remarquables telles que le crédit numérique au Togo. Au Sénégal, c’est le système d’achat des produits par les autres acteurs du secteur avec l’appui de l’Etat qui a fait ses preuves. Il y a eu d’autres innovations également dans d’autres pays que le CILSS se fera devra évaluer pour un partage entre les Etats afin de produire une meilleure capitalisation.

«En réalité, l’Afrique de manière générale a beaucoup souffert de ces différentes mesures barrières, les mesures restrictives, de confinement,  la fermeture des frontières plus que de la crise sanitaire elle-même » a affirmé le Secrétaire Exécutif du CILSS, Dr Djimé ADOUM lors de son intervention.

Il convient dès lors de réfléchir dès à présent aux meilleures alternatives afin que le CILSS puisse appuyer les Etats pour évaluer de façon exhaustive l’impact du coronavirus sur les systèmes de distribution. Il sera également question d’analyser comment les différentes mesures prises par les Etats ont affecté les chaines logistiques et si ces impacts sont permanents ou temporaires avec l’ouverture des frontières. Ceci permettrait donc de savoir d’ores et déjà les mesures d’atténuation qui pourraient être proposées aux Etats. Il est également question de la capitalisation portant sur toutes les expériences des Etats lors de la prochaine concertation du PREGEC, le dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires, animé par le CILSS et ses partenaires, prévue fin septembre 2020.

Il convient de noter que la cérémonie d’ouverture a été marquée par la diffusion du message vidéo du Président en exercice du CILSS, le Maréchal du Tchad, Président de la République, Idris Déby ITNO, qui a d’abord noté que le thème retenu cette année est dicté par les multiples écueils et contingences en lien avec la pandémie de la Covid-19, qui continue à mettre à rude épreuve les États du monde entier. Il a ensuite saisi l’occasion pour remercier et encourager les membres du comité technique du Cadre Harmonisé, sous les auspices du Réseau de prévention des crises alimentaires, les Etats et les partenaires qui se sont mobilisés pour suivre et informer régulièrement les décideurs de la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest sur l’évolution des situations sanitaire, alimentaire, nutritionnelle, pastorale et la menace acridienne.