Le CILSS, un autre Sahel est possible

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Déclaration du Secrétaire exécutif du CILSS – Journée Mondiale de Lutte contre la Désertification et la Sécheresse -17 juin 2021


La Journée Mondiale de Lutte contre la Désertification et la Sécheresse est célébrée le 17 juin de chaque année en vue de sensibiliser le public aux efforts menés par la communauté internationale pour lutter contre ces phénomènes.  

#DesertificationAndDroughtDay

Depuis sa création, il y’a 48 ans, le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) s’investit dans la région sahélienne afin de renforcer la résilience des populations face à cet environnement souvent fort hostile. A ce titre, je pourrais citer entre autres initiatives du CILSS : l’accompagnement technique des politiques régionales pour la Lutte Contre la Désertification (LCD) et la sécheresse, la mise en œuvre des conventions post Rio (Convention Cadre des Nations Unies de Lutte contre la Désertification –UNCCD-, Convention Cadre des Nations Unies contre le Changement climatique –UNFCCC, le financement de projet structurants de gestion durable des terres, d’adaptation au changement climatique, le suivi de la vulnérabilité au Sahel pour l’aide à la décision, etc.
 
La journée de cette année 2021 que nous commémorons a pour thème : « Restauration. Terres. Reprise ». Le choix de ce thème participe d’une volonté manifeste d’impulser plus de dynamisme au niveau, international, régional et national à cette lutte contre la dégradation des terres.

Les écosystèmes de zones arides couvrent plus d’un tiers de la surface terrestre et sont souvent soumis à une utilisation inappropriée et à une surexploitation des terres, les populations s’efforçant de répondre aux besoins immédiats de leurs familles en nourriture, en eau et en énergie. Nous savons qu’à mesure que les terres s’appauvrissent, l’instabilité politique, les conflits et les migrations s’intensifient, entraînant des conséquences dévastatrices sur les terres et les personnes qui y vivent.
 
Au Sahel et dans la plupart des pays en développement, la désertification touche les femmes et les filles de manière disproportionnée. Même si les femmes produisent entre 60 % et 80 % des aliments, elles n’ont pas un accès égal à la propriété foncière, ni aux technologies et au financement qui pourraient les aider à mieux faire face aux changements climatiques. Une proportion remarquable allant de 20 % à 30 % des terres pourrait être restaurée par l’adoption de pratiques durables.

La lutte contre la désertification et la Sécheresse requiert une synergie d’action et un partenariat entre les différents acteurs concernés à l’intérieur des pays et entre pays, ainsi qu’une coopération internationale. La sensibilisation et la participation des populations restent somme toutes les fondements de la réussite dans lutte. Les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel en particulier doivent faire de la lutte contre la désertification/dégradation des terres une priorité, car la terre demeure encore le premier facteur de production.
 
Je voudrais avant de terminer, adresser nos vifs remerciements à tous les pays du CILSS, à nos  partenaires et notamment au Secrétariat de la CCD pour leur pleine implication et leur disponibilité constante dans la mise en œuvre de la Convention en Afrique de l’Ouest.

Bonne célébration de la Journée Mondiale 2021 sur la Lutte contre la Désertification et la Sécheresse.
 
                                                                             Ouagadougou, le 16 juin 2021                                                                                                           
                                                                             Dr Abdoulaye MOHAMADOU