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Population, genre et développement

Axe stratégique 5 : Population, genre et développement

Cet axe stratégique vise à renforcer l’intégration des questions de population, de migrations, de genre et de violences basées sur le genre, de dividende démographique et d’autonomisation des femmes et des jeunes dans les stratégies, politiques, programmes et projets de sécurité alimentaire et nutritionnelle, d’accès aux marchés, de gestion des ressources naturelles, de changements climatiques, de maîtrise de l’eau et de lutte contre la désertification des États membres du CILSS.  Le CILSS et ses États membres connaîtront dans l’avenir un accroissement massif des effectifs de leurs populations. D’après les perspectives démographiques élaborées par le CERPOD à partir de celles des Nations Unies (The World Population Prospects, the 2019 Révision), la population totale de l’espace CILSS est estimée à 177,9 millions d’habitants en 2022 contre 423,2 millions pour l’Afrique de l’Ouest,1,4 milliards pour l’Afrique et 7,8 milliards d’habitants pour le monde. D’ici à l’an 2050, l’espace CILSS doublera sa population de 2022 et sera crédité de plus de 354,9 millions d’habitants au 1er juillet 2050. À la même date, l’Afrique de l’Ouest comptera 796,5 millions d’habitants contre 2,5 milliards pour l’Afrique et 9,7 milliards d’êtres humains pour la planète. Cette poussée démographique est la résultante de l’effet combiné de la mortalité, de la nuptialité, de la fécondité et des migrations internationales (immigration et émigration). À un moment donné, lataille de la population, sa fécondité et sa mortalité peuvent créer une situation interactionnelle complexe qui peut freiner ou stimuler le processus de progrès social.

Actuellement, le CILSS et ses États membres sont en pleine transition démographique. Les taux de mortalité sont en baisse et les niveaux de fécondité demeurent toujours élevés. Le niveau de l’indicateur conjoncturel de fécondité oscille entre 2,2 enfants par femme au Cap-Vert (niveau minimum) et 7,1 enfants par femme au Niger (niveau maximum). La population totale du CILSS et de ses États membres est composée en majorité de femmes et de jeunes. Les femmes représentent plus de la moitié de la population totale et les jeunes âgés de moins de 35 ans représentent plus des 2/3 de la population totale.

Cette transition démographique véhicule des enjeux et des défis majeurs pour tous les domaines d’intervention du CILSS et de ses États membres : enjeux liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, enjeux liés à l’accès aux marchés, enjeux liés à la gestion des ressources naturelles, enjeux liés aux changements climatiques, enjeux liés à la maîtrise de l’eau, enjeux liés à la structure et à la dynamique démographique, enjeux liés aux migrations et aux conflits, enjeux liés au genre et à l’autonomisation des femmes et des jeunes, enjeux liés à la transition démographique, à la capture du dividende démographique et sa répartition entre les différents secteurs du développement économique et social du CILSS et de ses États membres.

La croissance démographique, la pauvreté, l’insécurité alimentaire, la faim et la malnutrition sont en interactions constantes : la pauvreté perpétue les problèmes démographiques, dont l’insécurité alimentaire structurelle, la faim et la malnutrition chronique, tandis que la dégradation de l’environnement et des ressources naturelles causée par l’accroissement rapide de la population, dans un contexte de changements climatiques, aggrave la pauvreté et amplifie les problèmes démo-économiques à résoudre dans la sous-région. Face à ces interrelations multiples et complexes, qui constituent de véritables défis pour la sous-région, il est nécessaire de mieux  comprendre et de mieux gérer ces relations de cause à effets qui existent entre la population, l’environnement, la gestion des ressources naturelles, les changementsclimatiques, la sécurité alimentaire, la nutrition et la pauvreté dans les pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest.

Au regard de tous ces enjeux et défis majeurs liés à la structure et à la dynamique démographiques, le CILSS entend renforcer son rôle dans l’accompagnement de ses États membres à travers les études et les recherches, la formulation de politiques et de stratégies, l’information scientifique et technique, et le renforcement des capacités techniques sur les questions de population, genre, dividende démographique et développement.

À ce niveau, il est important de veiller à la valorisation des résultats issus des études conduites dans l’espace par des acteurs régionaux (CEDEAO, UEMOA, OPR, CORAF, etc.) afin d’éviter de réinventer la roue, et ce, pour rationaliser les ressources qui sont déjà rares.

Dans la sous-région, à la différence de la CEDEAO et de l’UEMOA, le CILSS est la seule Organisation Intergouvernementale (OIG) à avoir créé, en son sein depuis 1978, une structure chargée de faire des études et des recherches sur les interactions entre population, genre, dividende démographique et développement, pour venir en appui à la conception, à la formulation et à l’opérationnalisation des politiques et des stratégies de ses États membres.