Atelier à Dakar sur les prévisions de la sècheresse et les systèmes de déclenchement des Actions Anticipatoire

Atelier à Dakar sur les prévisions de la sècheresse et les systèmes de déclenchement des Actions Anticipatoire

Le Sahel franchit une nouvelle étape dans le renforcement des prévisions de la sécheresse et des systèmes de déclenchement des Actions Anticipatoires.
Du 27 au 31 juillet 2026 à Dakar, une trentaine d’experts des services météorologiques, des groupes techniques d’Action Anticipatoire et des universités de six pays sahéliens ont participé à un atelier organisé par le CILSS/AGRHYMET, le PAM, en partenariat avec l’IRI de l’Université Columbia, OCHA et ACMAD.

L’objectif était de renforcer les capacités en prévision saisonnière et sous-saisonnière et de développer des systèmes nationaux de seuils et de déclenchement des Actions Anticipatoires face aux sécheresses, fondés sur les impacts.
Neuf mois après l’atelier de Nouakchott, les travaux menés dans les pays ont permis de produire régulièrement des prévisions et de les relier aux mécanismes d’Action Anticipatoire. En Mauritanie et au Tchad, ces efforts ont déjà conduit au déclenchement des systèmes.

L’atelier de Dakar marque ainsi une nouvelle étape vers l’opérationnalisation des systèmes d’Action Anticipatoire, afin d’aider les pays à agir avant que les impacts des sécheresses ne deviennent des crises.

Sy Martial Traoré, Coordonnateur du PRASAN au CILSS et Président de la Task Force régionale pour l’Action Anticipatoire en Afrique de l’Ouest et du Centre, a rappelé que cette dynamique s’inscrit dans une transformation engagée depuis 2021. À travers le PREGEC, la région évolue progressivement d’une logique de réponse aux crises vers une approche fondée sur l’anticipation. Dans cette transition, les Services météorologiques nationaux jouent un rôle stratégique : au-delà de la production de données, ils constituent désormais un maillon essentiel pour garantir la fiabilité des systèmes de déclenchement des Actions Anticipatoires.

« On n’a pas besoin d’El Niño pour être en crise. » C’est par ces mots que la Directrice régionale adjointe du PAM, Sarah Longford, a ouvert l’atelier, rappelant que la variabilité climatique saisonnière, à elle seule, peut exposer des millions de personnes aux risques au Sahel. Elle a ainsi souligné l’importance de mettre en place des systèmes d’Action Anticipatoire robustes, durables et intégrés aux dispositifs nationaux, capables de fonctionner chaque année, indépendamment des épisodes El Niño.

Une semaine articulée autour de deux temps forts :
Des travaux en plénière sur la révision du processus de génération des prévisions avec PyCPT, évaluation de la performance des modèles et analyse des années où les prévisions se sont révélées les moins fiables, afin d’en tirer des enseignements pour renforcer les systèmes de déclenchement.

Des travaux de groupe sur la programmation de l’action anticipatoire : traduire une prévision en scénario de gravité, puis en décision d’activation, formation de formateurs pour les équipes AGRHYMET pour préparer la réplication de ces compétences dans les pays au cours des prochains mois.

Cette approche différenciée illustre l’évolution des besoins de la région, qui nécessite désormais des appuis techniques adaptés aux rôles et responsabilités de chaque acteur. L’atelier s’achèvera vendredi avec la définition des prochaines étapes de la phase 2 dans chaque pays, afin de consolider les capacités nationales à produire et interpréter des prévisions de sécheresse fiables, ainsi qu’à concevoir, suivre et opérationnaliser des systèmes de seuils et de déclenchement des Actions Anticipatoires adaptés aux contextes nationaux.